gigue
Anglais: jitter
Variation abrupte et indésirable d'une ou plusieurs caractéristiques d'un signal.
gigue: oscillation temporelle indésirable dans votre signal
La gigue est l'écart à court terme, apparemment aléatoire, du calage d'un signal par rapport à sa position idéale. Dans un signal d'horloge numérique, cela signifie que les fronts montants et descendants n'arrivent pas exactement quand ils le devraient. Dans un signal analogique, elle se manifeste comme une modulation de bruit. Le problème fondamental est le même: des variations imprévisibles dans le domaine temporel qui dégradent la qualité du signal et perturbent la synchronisation, la récupération de données et la précision des mesures.
Dans les circuits numériques, la gigue est généralement mesurée en picosecondes ou en nanosecondes. Un signal d'horloge qui devrait transiter à des intervalles d'exactement 1 nanoseconde pourrait dériver de dizaines ou de centaines de picosecondes de part et d'autre de ce temps idéal. C'est extrêmement important car les récepteurs de données à haute vitesse utilisent les fronts d'horloge comme références de synchronisation; la gigue se traduit directement par des fenêtres d'échantillonnage incertaines et des erreurs de bit. En pratique, une liaison série à 10 GHz avec une gigue supérieure à quelques dizaines de picosecondes devient peu fiable.
La gigue provient de multiples origines physiques. Le bruit de l'alimentation s'accole aux circuits oscillateurs et aux arbres de distribution d'horloge, provoquant une modulation de fréquence. La dérive thermique des composants modifie les retards de propagation. La diaphonie des lignes de signal adjacentes induit un couplage dans le domaine temporel. Les boucles à verrouillage de phase (PLL) qui génèrent les horloges ont une gigue inhérente liée à leur bande passante de boucle et à la qualité de leur source de référence. Les discontinuités du plan de masse et les désadaptations d'impédance sur les lignes de transmission créent des réflexions qui brouillent le calage des fronts. Dans les systèmes à fibre optique, la dispersion chromatique et le bruit de partitionnement modal introduisent de la gigue.
Les ingénieurs distinguent la gigue déterministe, qui a un motif répétitif ou prévisible lié aux événements du signal (comme la gigue dépendante des données ou l'ondulation périodique de l'alimentation), et la gigue aléatoire, qui suit des distributions statistiques. Le budget total de gigue sur une liaison à haute vitesse doit tenir compte des deux. La mesure pratique utilise des oscilloscopes avec analyse statistique, des diagrammes en œil, ou des analyseurs de gigue dédiés qui séparent les composants et caractérisent leurs distributions de probabilité.
Les stratégies d'atténuation dépendent de la source de gigue. La distribution d'horloge nécessite souvent des tampons à faible asymétrie, une disposition soignée du circuit imprimé avec une impédance contrôlée et des plans d'alimentation isolés, et parfois un dé-jittering PLL sur puce. Les solutions côté récepteur incluent l'égalisation adaptative, la synthèse de fréquence DLL (boucle à verrouillage de délai) et des désérialiseurs tolérants à la gigue. Pour les signaux analogiques, les oscillateurs à faible bruit de phase et les alimentations à faible bruit réduisent la gigue à la source. Le terme lui-même dérive probablement de l'apparence saccadée et tremblante des fronts d'un signal sur un écran d'oscilloscope lorsque la gigue est prononcée.
Sources
- Source de la définitionWiktionary