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Double sens

Cotter: de la goupille de sécurité au verrouillage mécanique

Pour le grand public, un « cotter » est une simple goupille qui maintient des pièces. En atelier, c'est un coin de précision qui bloque des pièces en rotation sous charge.

En dehors de l'usine, un « cotter pin » (goupille fendue) est une attache simple: une boucle de fil que l'on écarte et que l'on insère dans un trou pour empêcher un écrou de se desserrer sur un boulon. C'est bon marché, jetable et suffisant. Le mot lui-même vient de « cotter », ou d'un coin de menuisier, utilisé pour fendre le bois. La logique est la même: insérer quelque chose qui ne peut pas reculer.

En mécanique, un « cotter » est quelque chose de beaucoup plus exigeant. C'est un coin en acier rectangulaire ou conique, souvent de section semi-ronde ou ronde pleine, qui glisse dans une fente usinée dans deux pièces d'accouplement: un arbre et son moyeu, ou une tige et sa chape, ou une tige de piston et sa crosse. Le « cotter » est enfoncé au marteau, et le frottement ainsi que la conicité bloquent rigidement les pièces ensemble. Contrairement à une simple goupille, un « cotter » transmet la force de cisaillement et le couple. Il doit être ajusté à des tolérances précises et fabriqué dans un acier suffisamment dur pour ne pas céder sous l'impact.

Le coin « cotter » est particulièrement courant dans les machines à vapeur et les moteurs alternatifs, où il fixe les têtes de crosse, les bielles et les tiges de piston qui se déplacent d'avant en arrière sous de lourdes charges. Un « cotter » lâche peut y entraîner une défaillance catastrophique. L'action de coin signifie que même si l'arbre essaie de bouger par rapport au moyeu, le « cotter » s'enfonce plus profondément; il s'agit d'un verrouillage mécanique, et non d'un simple frottement.

Les deux utilisations reposent sur le principe du coin: un angle fin s'enfonce d'autant plus que la charge est appliquée. Mais un « cotter pin » est un dernier recours, destiné à céder en douceur et à tomber si tout le reste se brise. Un « cotter » mécanique est l'assemblage primaire lui-même, et il doit supporter toute la contrainte de fonctionnement de la machine. Le langage a divergé parce que les objectifs ont divergé.

L'entrée du dictionnaire

cotter (nom, Génie mécanique)
Une goupille ou une cale insérée dans une fente pour maintenir ensemble des pièces de machine.

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