injection d'eau
Anglais: water injection
Le processus consistant à injecter une petite quantité d'eau, sous forme de fine pulvérisation, dans le mélange air/carburant d'un moteur à essence à pistons, afin de refroidir les cylindres du moteur et, ainsi, de réduire la détonation ou le cliquetis dans les moteurs haute performance, en particulier lors de l'utilisation d'un rapport de compression élevé.
injection d'eau : refroidissement de la charge pour les moteurs à haute suralimentation
L'injection d'eau pulvérise une fine brume d'eau directement dans le collecteur d'admission ou la chambre de combustion d'un moteur à essence pour absorber la chaleur de la charge d'air entrante et des gaz en expansion. Une petite pompe, généralement électrique et contrôlée par le logiciel de gestion du moteur, délivre de l'eau déminéralisée ou distillée à travers des buses de précision synchronisées avec le cycle du moteur. L'eau s'évapore rapidement, refroidissant la charge de 20 à 40 degrés Celsius avant la combustion, ce qui permet une pression de suralimentation et un calage de l'allumage plus élevés sans détonation.
Le système prévient le cliquetis en abaissant les températures maximales des cylindres. Lorsqu'un moteur tourne à haute suralimentation (turbo ou compresseur), avec un taux de compression élevé ou avec un carburant à faible indice d'octane, une combustion incontrôlée peut commencer avant que la bougie ne s'allume. La chaleur latente de vaporisation élevée de l'eau absorbe l'énergie sans augmenter la pression de combustion, supprimant ainsi cette pré-allumage. Le refroidissement augmente également la densité de la charge, améliorant l'efficacité volumétrique et la puissance de sortie.
Mise en œuvre et contrôle
Les systèmes d'injection d'eau varient considérablement. L'injection directe dans le cylindre près du point mort haut refroidit la zone la plus chaude le plus efficacement, mais nécessite un calage précis et une pression système plus élevée. L'injection dans le collecteur d'admission est plus simple et moins coûteuse, bien que moins efficace à des niveaux de suralimentation très élevés. La capacité du système varie de 0,5 à 2 litres, avec des taux de consommation de 1 à 3 litres par heure à pleine charge selon la suralimentation et le calibrage. La qualité de l'eau est importante : les dépôts minéraux encrassent les injecteurs, l'eau distillée ou les mélanges glycol-eau sont donc essentiels.
Les unités de commande moteur varient la durée et le débit d'injection en fonction de la position du papillon, du régime moteur, de la température de l'air d'admission et de l'indice d'octane du carburant, le cas échéant. Sur certains systèmes, le conducteur peut ajuster l'agressivité via un menu ou un interrupteur au tableau de bord. Les modes de défaillance incluent l'encrassement des injecteurs, la cavitation de la pompe si le réservoir est vide et la perte de l'effet de refroidissement si l'alimentation en eau est interrompue, ce qui peut déclencher un retard d'allumage ou une limitation de puissance.
L'injection d'eau existe depuis les années 1930 dans les moteurs à pistons d'avion et a été utilisée dans les voitures de course et de route haute performance à partir des années 1950. Les systèmes modernes sont revenus sur les véhicules de production, en particulier les moteurs turbo soumis à des contraintes d'émissions strictes où le cliquetis limite la puissance. Le terme reflète son mécanisme littéral : l'eau est injectée, et non pulvérisée, car l'injection met l'accent sur le calage et le placement contrôlés plutôt que sur la simple nébulisation de l'air.
Sources
- Source de la définitionWiktionary